Philosophical thoughts interpreted
through paintings



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Machiel Roest (1960)

 

Enfant, j’ai passé beaucoup de temps avec mon grand-père au Pulchri Studio. ( lieu de culture célèbre à la Haye)

C’est là que mon intérêt pour l’art s’est éveillé. J’y ai découvert un “monde de rêves” dans lequel je me sentais bien grâce à un sentiment de liberté.

Ce sentiment que je recherche depuis, je l’ai en définitive trouvé dans la philosophie et la peinture. 

Mon grand-père Machiel ("Mac") Roest (1889 - 1973), était une personnalité très connue du monde de l’art à La Haye. La passion de l’art a toujours fait partie de sa vie. Il a été initié par ses amis de l’époque (Willem Hussem, Sierk Schroeder, Jan van Heel, Co Westerik ...) à l’art des années 30-60 et cette passion a été transmise à mes parents qui m’ont donné à leur tour un intérêt prononcé pour la création artistique.

Le décès de mon grand-père à réduit mes visites au Studio Pulchri mais c’est à cette période que j’ai découvert la philosophie et ses concepts passionnants. Au lycée, grâce à la lecture de Wilhelm Reich je me suis penché sur l’hystérie de masse. Ma passion pour l’art de la pensée s’est confirmée avec la lecture du Tractatus Logico Philosophicus de Ludwig von Wittgenstein.

La philosophie offre une profondeur inégalée, le langage est la seule limite faisant obstruction à la pensée elle-même. Le Tractatus est une œuvre différente en fonction de la langue dans laquelle il est écrit et les interprétations à mes yeux des différents traducteurs, ne reflètent pas tout ce que Wittgenstein voulait exprimer.

Cette œuvre est devenue une véritable inspiration pour mon parcours, sa propre conviction de la vérité est toujours pour moi une force de la philosophie dont il dit: “avec la publication du Tractatus tous les problèmes de philosophie ont été résolus” . Ce n’est qu’à son retour à la fin des années 20 à Cambridge qu’il exprimera ses doutes sur le travail de sa vie, la Philosophie. Mais la philosophie, n’est-elle pas l’expression même du doute?

D’autres philosophes m’ont influencé tels Friedrich Nietzsche, Hannah Arendt, Martin Heidegger et Arthur Schopenhauer. Progressivement, leurs pensées sont devenues une partie de ma vie.

La recherche dans la société des marques de l’influence de ces auteurs est devenue avec le temps une vraie passion. La philosophie ne peut avoir de sens, pour moi, que si la perception de ses préceptes est évidente dans la vie quotidienne.

Après des études d’économie, je me suis retrouvé dans le monde financier.

À cette époque, j'ai commencé à dessiner ce que la philosophie de Wittgenstein signifiait pour moi. J’ai éprouvé le besoin de traduire les propositions aphoristiques, numérotées et mathématiquement orientées dans ma réalité dessinée. C’est ce qui me permet d’exprimer mon interprétation de sa philosophie (Tractatus) autrement qu'avec des mots.

Pour moi, la déclinaison des mots par l'image visuelle constitue une autre manière d'interpréter le Tractatus.

En 2009, j'ai commencé à peindre le Tractatus. La série se compose de 65 peintures qui se rapportent chacune à un aphorisme du Tractatus.

Les peintures sont peintes sur papier, parce que la philosophie est écrite et transmise sur papier. Les coutures entre les feuilles de papier illustrent le duel de la vie. Rien n'est fluide, il y a toujours une frontière et ici cette frontière n’est pas celle de la langue.

 

J'ai appelé cette série :

Machiel rencontre Ludwig von Wittgenstein

(1975 - 2018)

J'ai l'intention, à un moment donné, d'exprimer mon expérience du Tractatus à travers ces 65 œuvres dans un livre.

Depuis 2015, j'ai également rencontré Friedrich Nietzsche et Martin Heidegger dans mon univers pictural.